Le Médium Saignant

avril 21, 2010

Les chroniques d’une fashionista névrosée.

Filed under: Mode — lemediumsaignant @ 2:46

S’il y a quelque chose que j’adore jusqu’à en mourir de plaisir, c’est bien les chaussures. Les élégantes bottes cavalières Marc Jacobs, les magnifiques escarpins Christian Louboutin (minimum 600$ la paire, mais bon, la carte de crédit n’existe pas pour rien) et les mignonnes petites ballerines Chanel (seulement aperçues sur papier glacé et dont le prix a même fait pleurer ma sœur Sara, connue pour être encore plus dépensière que moi ) .

Je me souviens de la fois où j’ai acheté ma première paire de talons hauts. C’était le jour de mes 13 ans, il y a 6 ans de cela dans une petite boutique coincée entre un magasin de lingerie (dont les culottes, qu’il vendait, étaient coupées tellement haut sur les hanches que cela rappelait les hideux justaucorps des années 80) et un restaurant Coréen où le gérant était aussi asiatique que Ginette Reno est brésilienne. Ma mère m’avait traînée de force au centre commercial le plus près avec l’intention de faire des emplettes de dernière minute pour la petite fête organisée à l’occasion de ce qui semblait être un rude et bien étrange passage vers l’adolescence. Je passai devant cette boutique en maudissant ma mère de son incapacité à choisir entre le ketchup Heinz et le ketchup sans nom (personnellement, malgré toutes ces années de consommation de ketchup, je n’ai jamais eu la capacité de les différencier correctement), quand une lueur attira mon attention. Derrière la vitrine, posée sur une estrade de velours bleu trônait fièrement une magnifique paire de Mary Jane à double boucles rouge. Ce fut l’une des premières fois où j’eus la faiblesse de croire en l’amour, un coup de foudre instantané, un frisson emprisonné sous la peau qui semblerait s’apaiser seulement si un jour ces chaussures m’appartenaient. C’est dans cet état de fascination que ma mère, les bras remplis de sacs d’épicerie, me trouva plantée devant la vitrine à admirer l’objet qui fut par la suite une étrange source de réconfort à mes crises de nerfs quotidiennes. Elle déposa ses sacs, me prit par la main et me tira à l’intérieur de la petite boutique en dégainant sa carte de crédit (à bien y penser, dans la famille on a tout un petit problème de crédit…hum réflexion à approfondir). Je me souviens du vendeur bedonnant qui tentait de me refourguer une autre paire de souliers, sous prétexte que la paire que je désirais  avait  été mise de côté par une cliente qui reviendrait les prendre le lendemain. Ma mère, aucunement découragée, offrit de doubler le prix des chaussures. Le vendeur réticent à revenir sur un contrat de vente, finit quand même par céder en voyant mes yeux s’embrouiller de larmes (je pense aussi, que le 1 mètre 80 de ma mère y était pour quelque chose). Le sac en main où les souliers, ou mes souliers reposaient sur un nuage de papier de soie, je sortis de la boutique le sourire aux lèvres avec la sensation que cet évènement fut le premier pas vers la personne que je suis aujourd’hui.

Issa, fashionista nostalgique

Écrit par : Laurry Petit-Fable

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