Le Médium Saignant

octobre 10, 2010

Filed under: Actualité et politique,Littérature,Sorties culturelles — lemediumsaignant @ 3:48

Le Grand Slam 2010 :

La revanche des mots sur la musique

 

La quatrième édition du Grand Slam du Québec, présentée par la Ligue québécoise de slam (LQds), avait lieu les 19 et 20 septembre au Lion d’Or à Montréal. Cette finale provinciale de Slam de poésie faisait partie de la programmation officielle du Festival international de la littérature (FIL). Dans cette compétition s’affrontaient six équipes de slameurs qui devaient chacun d’eux composer un slam de trois minutes. Ils n’avaient droit à ni musique, ni accessoires. Les thèmes de la technologie, de la langue française et du féminisme dominèrent ces soirées rafraîchissantes, le tout sous une ambiance à la fois humoristique, festive et intelligente.

 

Le slameur Ivy a ouvert la compétition du dimanche soir avec un slam d’introduction

 

Un slam, pour trouver une définition simple et courte, c’est un poème dont la forme se rapproche de celle d’une chanson. Le slam a été créé pour rendre la poésie accessible à tous. Le Grand Slam 2010 réunissait les vainqueurs des slams réglementaires ayant eu lieu pendant l’année dans les six territoires associés à six équipes: Slamoutaouais (Gatineau), Slamlanaudière (Lanaudière), Slamontréal (Montréal), Slam cap (Québec), Slamestrie (Sherbrooke) et Slam Mauricie (Trois-Rivières). Le dimanche soir avait lieu la compétition des équipes et le lundi soir celle en solo

Les juges

Chaque slameur était jugé par cinq personnes du public pour sa performance globale. Certains diront que ce n’est pas la meilleure méthode que de prendre des gens qui s’y connaissent peu en slam pour juger les slameurs, mais après avoir lu les trois longs articles portant sur le sujet sur le site Internet de Slam Cap, on ne peut qu’approuver ce fonctionnement. Les juges reçoivent quelques indications avant que la compétition commence, mais certains semblent les avoir mal comprises…

Vers puissants

Des phrases fortes, des phrases chocs; la censure n’était définitivement pas au menu. Un des slams les plus marquants fut celui qu’Ivy, slameur populaire de l’équipe Slamontréal, fit le dimanche soir. Il prenait la défense de la langue française, récitant des vers comme: «Si jamais le français disparaît, il faudrait peut-être qu’on le parle entre nous », «Celle qui fut langue de roi n’est même plus langue des valets» et « Il n’y a pas d’esprit sans vocabulaire. »

« Hey, les filles! L’image de votre screensaver existe pour vrai! »

– La slameuse Annie St-Jean

Annie St-Jean, de l’équipe de Gatineau, avait l’un des textes les plus travaillés, à la fois drôles, recherchés et bien interprétés: « Ils s’internent..et […] J’ai abandonné le chat pour le chat […] Le dernier animal que j’ai flatté? C’est mon fluffy friend Facebook! […] Il est temps d’arriver dans l’ère du triple W. […] J’ai cyberdérivé à chatter dans un langage étranger. Parles-tu cybérien? Non! OMG! Si tu penses à organisme génétiquement modifié, t’inverse des lettres! […] Troc ta souris pour une pagaie! Hey, les filles! L’image de votre screensaver existe pour vrai! […] »

D’autres parlaient de la condition humaine, comme une jeune slameuse, Flavie Dufour, de l’équipe Slamestrie, qui se demandait « c’est quoi chanter faux, sinon être vrai. » Son concept était original et même s’il était parfois un peu trop poussé, ses paroles restaient toujours très pensées. Dans l’équipe de Trois-Rivières, le slameur Narcisse fut marquant par sa voix à la Gilles Vigneault et dans celle de Slam cap, Pascal Larouche sorti du lot avec son slam sous forme de code postal (que des lettres qui forment des phrases, comme LHOOQ).

« Il n’y a pas d’esprit sans vocabulaire.»

Le slameur Ivy

Les gagnants

C’est l’équipe Slamontréal qui a gagné ce grand tournoi (pour la troisième fois en quatre ans) dans la catégorie ville, donnant à Montréal le titre de Grande Ville de Slam pour l’année 2010-2011. Du côté solo, David Goudreault, de Sherbrooke, a gagné la médaille d’or, Thomas Langlois de Québec, la médaille d’argent et le talentueux Ivy, de Montréal, la médaille de bronze. Tous ceux qui ont performé durant la compétition ont bien montré que le slam, c’est faire vivre les mots et qu’on n’a pas besoin de musique pour mettre en valeur un texte; il suffit que bien l’interpréter. 

Le Lion d’Or et son ambiance chaleureuse et festive 

 

Quelques dates à Montréal pour amateurs et curieux:

8 novembre: Soirée de Slam

O Patro Vys, av. du Mont-Royal, 19h30, 5$

13 novembre: Spectacle d’Ivy Hommage à Dédé Fortin

Lion d’Or, 20h

24 novembre: Spectacle Bénéfice de Slam au profit de la Fondation du Cancer du Sein du Québec

Au Lion d’Or, 19h

26 novembre: Spectacle d’Ivy

Centre Culturel Henri-Lemieux, Montréal, gratuit mais réservations requises

14 décembre: Soirée de Slam

O Patro Vys, sur l’avenue du Mont-Royal, 19h30, 5$

29 novembre: Atelier d’Ivy

Cégep Marie-Victorin (oui, ici!), 9h

30 novembre: Atelier d’Ivy

Cégep Marie-Victorin (oui, ici!), 8h

 

par Laura Pelletier

Photos: Étienne Dagenais

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