Le Médium Saignant

mars 3, 2011

Bribes nocturnes

Filed under: Littérature — lemediumsaignant @ 6:57

Soir. Montréal. Bar quelconque.

Petit peuple bourgeois noyant son âme dans l’alcool.

Un verre de rhum et un autre de scotch, non loin.

Musique de fond qui baigne dans l’absurdité.

Odeur de sexe et de facilité.

Quotidien banal du vendredi soir de la barmaid épuisée.

Une amie qui m’a traînée ici au hasard d’une soirée spleen.

Rhum.

Et ce désir d’oubli qui s’immerge dans ce liquide si doux.

Ça n’arrive pas souvent, en fait. Mais l’occasion est si belle. Oublier. Oui. Voilà.

Avez-vous déjà retrouvé les mêmes émotions subites du monde enfantin, et maintenant, adulte, vous reconnaissez les mêmes…exactement ou vous les aviez posées? Ce matin j’ai découvert à nouveau la saveur du lait de soya vanillé, que je n’avais pas savouré depuis mes neuf ans. La même sensation, le même décret. Comme si jamais je n’avais grandit.

Parfois un voyage du corps, d’une pièce à l’autre, en pensant aux tâches quotidiennes dans la cuisine, puis penser à un cœur qui saigne en entrant dans le salon. Et de retour à la cuisine, où j’avais oublié mes tâches. Dès que j’entre, j’oublie le cœur qui saigne et je retrouve les tâches exactement où ma mémoire les avait posées. Dans la cuisine, oui.

Exil d’enfance. Je m’égare, ma foi.

J’avais oublié. Ce fut bref. Mais suffisant.

Le verre à moitié vide. Couleur rosée sur les tempes.

De retour à la modernité. Mais l’ambiance m’ennuie franchement.

Au fait, cette amie n’en est pas vraiment une.

Rencontre hasardeuse entre deux échanges d’étude et de croisements.

Parlez-moi de ce qui l’habite, pour ma part je n’en sais pas plus que le tiers du Gin qui reste maintenant dans sa verrine. Qui sait pour combien de temps encore.

Il fallait bien que je m’égare. Extase.

La nouveauté, ces maintes rencontres hasardeuses que l’on craint.

L’inconnu, douce amertume, destin hors de moi, putain qu’il avance trop vite! Bref. Autant commencer maintenant.

C’est comme ce mec rencontré brièvement dans mon petit patelin.  » Si, si, je t’ai connue, ton visage…j’ai souvenir! ». Ne faisons pas fi d’ignorer ces hasards.

Et puis voilà.

Un café, peut-être. Tout être est bienvenu à partager un petit bout de vie, même si on ne se croisera plus de nouveau, sans doute. Dans un ailleurs, dit-on.

Et puis, la vie, c’est tellement peu.


Par Marilyn Dumont-Sanche

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