Le Médium Saignant

mars 3, 2011

Le roller agressif

Filed under: Sports — lemediumsaignant @ 6:53

Lorsqu’on mentionne le mot skateboard ou BMX , on pense généralement à des jeunes téméraires qui exécutent diverses acrobaties toutes plus périlleuses les unes que les autres.

Par contre, lorsqu’on parle de rollerblade , la majorité des gens ne pensent qu’à un Mononc’ Roger patinant sur une piste cyclable vêtu d’une paire de leggings extra-small. Or, ces gens ignorent l’existence d’une discipline beaucoup plus attrayante, nommée le « roller agressif » .

Contrairement au Mononc’ Roger et à Matante Ginette, qui ne se servent de leurs patins que pour se tenir en forme en promenant leur chien, ceux qui pratiquent le roller agressif, aussi appelées riders ou bladers, font un usage beaucoup plus poussé de leurs joujoux à roulettes. En effet, les riders se servent du mobilier urbain, tel que les rampes d’escaliers, les murets qui longent les édifices ou encore des murs de béton pour exécuter des cascades, plus communément appelées trick , similaires à celles des autres sports de glisse comme le skateboard. Ces tricks incluent des grinds/slides, qui consistent à glisser sur une surface à l’aide de ces patins, des wallrides, où il s’agit de rouler sur les murs, des sauts par-dessus divers obstacles (la référence demeure les escaliers présents un peu partout dans les villes), ainsi que bien d’autres figures que je ne peux malheureusement pas décrire sans compromettre le budget de ce journal en termes d’encre et de papier.

Là où le roller se distingue des autres sports de glisse, c’est dans la manière d’exécuter les tricks. Par exemple, dans le milieu du skateboard, il est difficile de se distinguer des autres pratiquants sauf en ayant un style vestimentaire différent. Toutefois, dans le roller, chaque rider possède sa propre manière de faire chaque trick. Il s’en créée donc une grande diversité artistique. À ce sujet, il est important de mentionner que le roller n’est pas seulement un sport : c’est aussi un art, une manière de s’exprimer à travers des prouesses corporelles.

Il n’est donc pas un hasard de retrouver dans le domaine du roller une grande quantité de photographes et de vidéographes très talentueux. Comme mentionné précédemment, il ne s’agit pas juste de faire un trick pour rendre le tout intéressant : Il faut aussi positionner son corps d’une certaine manière et avoir une bonne intuition pour savoir quel trick rend bien sur quel obstacle. Quant à ceux qui sont en charge des médias, on cherche les meilleurs angles pour saisir les tricks, trouver des obstacles originaux, la meilleure musique pour accompagner la personnalité du rider dans les vidéos… Bref, le côté esthétique de la chose est réellement mis en avant, contrairement aux sports d’équipes populaires où il ne suffit que de montrer une photo d’un athlète connu entrain de boire du Gatorade pour rendre content le public.

Il faut aussi noter que le roller est un mode de vie. On peut en effetconstater que beaucoup de pratiquants ont arrêté leurs études pour une période plus ou moins longue afin de s’adonner au roller à temps plein, puisqu’il peut être assez ardu de progresser sans rouler à tous les jours.

Même s’il y a des côtés négatifs au fait que ce « sport » soit peu connu, il y a aussi certains avantages. En effet, les pratiquants sont peu nombreux, ce qui crée des liens très forts. Les gens avec qui on se casse des bras et des jambes sont aussi ceux avec qui on fait la fête et avec qui on boit de la bière au centre-ville en regardant aller les passants (oups, il n’est pas permis de boire en public les enfants!).

Faire du roller agressif, c’est accepter de se faire mal et d’avoir à aller au travail même si on arrive à peine à marcher, d’avoir des ennuis avec les autorités, d’être pauvre car on a claqué tout notre fric sur de la bière et des roues de rechange. Néanmoins, faire du roller agressif, c’est aussi de connaître des gens formidables, de faire des tournées inoubliables, d’avoir des anecdotes à raconter en permanence, de développer son esprit créatif et finalement, d’être plus bad-ass que Chuck Norris.

Rock and roll

Article: Siméon Vas

Merci à Freddy White de frenchyfries.fr pour les photos de cet article
(rider – trick – photographe )
Photo 1: Clement Boucau – Fishbrain – Mathieu Dosso
Photo 2: Marc Moreno – Wallride 180 – Kiku Comino
Photo 3: Sherwin Kangarlu – Kindgrind – Lui Summer
Photo 4: Taylor Ritchie – Topsoul Stall Rewind – Dan Lefebre
Photo 5: Reto Burgin – 360 Liu Kang – Claudio Antonelli



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