Le Médium Saignant

mars 26, 2011

Groupe du mois d’avril: VOLMER

Filed under: Édition d'Avril,GROUPE DU MOIS,Musique — lemediumsaignant @ 10:09

Volmer a su gagner le cœur du jury de plusieurs concours avec son folk ambiant et ne cesse de se démarquer depuis sa formation. La voix feutrée et unique de Laura Babin, ses notes à l’accordéon et à la guitare, ses textes poétiques, la profondeur du jeu de Donald O’Brien à la basse et le piano aérien de Pascal Perron transportent dans un univers onirique rempli de finesse et de légèreté. Formé de la jonction des mots « voler » et « mer », le nom du groupe fait référence à ce monde poétique. J’ai eu la chance de discuter avec ce groupe rêveur de son parcours et de ses projets.

Votre groupe s’est formé en 2009. Est-ce que c’était précisément pour Cégeps en Spectacle ou vous vous êtes formés et tant mieux, il y avait le concours?
DONALD – Ce n’était pas POUR Cégeps en Spectacle, mais ça a créé l’urgence de se joindre.
LAURA – Je ne me rappelle pas qu’on se soit formés en vitesse pour participer au concours, c’est seulement bien arrivé. J’avais déjà quelques chansons que j’avais fait écouter à Donald et il était intéressé. J’avais le goût de travailler avec Pascal aussi. On s’est rencontrés, ça a fonctionné super bien et l’échéance du show de Cégeps en Spectacle est arrivée tout de suite après.
DONALD – Ça nous a forcés à se dépêcher à mettre à terme les 2-3 premières compositions pour être capables de présenter quelque chose de concret à Band Interne et à Cégep en Spectacle qui étaient à une semaine d’intervalle !

 

« Le premier show de bar c’était à l’Inspecteur Épingle et pour moi, ça a été un choc! On revenait d’une grosse scène [avec] un public assez présent qui est là pour écouter, mais là on arrive dans un bar et […] il y a du monde qui te parle pendant que tu joues! »

– PASCAL PERRON


Vous avez fait votre premier show lors de Band Interne et ensuite votre deuxième à Cégeps en Spectacles. Quelle est l’importance ou la place des concours pour vous? Est-ce que vous considérez que ça vous a aidés dans votre carrière?
LAURA – C’est clair que c’est utile, parce que ça nous donne la chance de se faire voir, donc en tant que band émergent, ça nous fait connaître un peu plus, ça nous donne de l’expérience, …
DONALD – Ça nous a permis de jouer sur des scènes sur lesquelles on n’aurait probablement pas joué au début, comme la Salle Désilet.

Quand a eu lieu votre premier show à l’extérieur d’un concours et est-ce que c’était complètement différent? Est-ce que ça a été un choc de passer d’un public de concours à un public de bar?
PASCAL – Le premier show de bar c’était à l’Inspecteur Épingle et pour moi, ça a été un choc! (rires) On revenait d’une grosse scène [avec] un public assez présent qui est là pour écouter, mais là on arrive dans un bar et…
DONALD – Le public n‘est pas nécessairement là pour écouter de la musique, t’entends des verres briser pendant ta prestation…
PASCAL – Il y a du monde qui te parle pendant que tu joues!
LAURA – Tu passes après le hockey, c’est sûr que c’est très différent, tu as plus besoin de te faire une bulle avec le public qui est venu te voir et ceux qui sont avec toi sur scène.
DONALD – Ça forme le caractère et l’humilité en prend un coup!

Quand vous avez commencé avec le groupe, est-ce que vous vous entendiez déjà sur un style musical, un peu ambiant/folk?
LAURA – On ne s’est pas vraiment parlé de quel style on voulait jouer, […] le style est venu très naturellement. Je suis arrivée avec les premières chansons que j’avais et il y avait déjà quelque chose selon moi qui s’y dégageait et avec l’expérience, le bagage des deux gars, ça a formé le style par lui-même. À la base, moi j’avais une vibe très ambiante, très folk.
PASCAL – C’est sûr qu’on n’allait pas transformer ça en du rock, mais on y a ajouté notre touche personnelle.
DONALD – Laura nous présente ses textes, avec accords et mélodies, et on s’en inspire pour l’arrangement, tout en gardant la ligne directrice qu’elle nous amène.
LAURA – Mais le style ne serait jamais le même sans l’ajout des touches personnelles des deux gars!

Et votre univers poétique, un peu rêveur, est-ce qu’il est venu naturellement avec les chansons ou vous en avez discuté pour le développer?
PASCAL – Ça on en a plus discuté, (pour) ne pas arriver sur scène et que ce soit juste du monde qui jouent de la musique, pour qu’il y ait un petit quelque chose de plus. On voulait monter un show, pas seulement des chansons.
LAURA – Avec le concours Cégeps en Spectacle, avec les coachs qu’on avait, Fred Jolicoeur et Alex Gendron (ça fait deux ans que les participants ont des coachs, dans le but de développer leur identité), ça nous avait fait prendre conscience qu’on voulait un aspect plus travaillé, légèrement théâtral, pour créer une bulle entre notre univers et celui du public. On a compris que c’est important de monter un spectacle bien ficelé.

 

« D’être capable de toucher un public qui ne parle pas un mot de français, c’est génial. »

– DONALD O’BRIEN


Vos chansons sont en français, mais est-ce que ça t’arrives (Laura) de composer en anglais? Et est-ce que c’est particulièrement important pour toi de composer en français?
LAURA – J’apporte une importance à la langue française et plus j’écris en français, plus j’aime la langue française, plus je m’y intéresse et plus j’ai envie d’en apprendre plus […] C’est sûr qu’un jour j’aimerais essayer de composer en anglais, c’est un projet futur que je lance comme ça, mais pour l’instant je veux travailler la langue française, la connaître encore plus et l’utiliser.

Avez-vous remarqué si votre musique passe bien auprès des anglophones?
DONALD – On a eu la chance de faire un spectacle devant un public majoritairement anglophone et il a semblé y avoir une bonne réaction, même s’il était rendu minuit et que c’était la fin du spectacle. C’est sûr que ce n’est pas la même chose, les gens ne vont pas nous parler des textes (rires). Ils vont mettre l’emphase sur l’ambiance, la bulle qu’on crée. D’être capable de toucher un public qui ne parle pas un mot de français, c’est génial.
PASCAL – Mes beaux-parents ne parlent pas un mot de français et depuis que je leur ai donné un démo, ils n’arrêtent de l’écouter, mais ils ne comprennent rien des textes (rires)! Donc j’imagine que tu peux ne pas comprendre les textes et aimer ça quand même!

Osiez-vous, au départ, ajouter l’accordéon à votre musique?
LAURA – Je compose beaucoup plus à la guitare et au piano. J’ai un peu laissé de côté l’accordéon pour le chant, pour l’école, puis s’est revenu naturellement. Ce n’est pas que je n’osais pas en mettre, mais c’est toujours plus difficile d’intégrer l’accordéon, ça prend beaucoup de place comme instrument et en jouer et chanter en même temps, ce n’est pas toujours évident, mais on voudrait l’intégrer beaucoup plus dans Volmer.

Est-ce que vous voudriez incorporer d’autres instruments dans votre musique?
LAURA – Il y a des arrangements de violon dans une de nos chansons, sur le démo d’ailleurs et c’est sûr qu’un jour on aimerait ça enregistrer avec des vrais violons, puis partir en tournée avec un quatuor de violons, ça serait génial! Sinon on pense aux percussions. C’est dans le futur, on n’a pas encore commencé à regarder avec qui on voudrait travailler, mais ça serait une prochaine étape.

Comment s’est passé l’enregistrement du démo?
LAURA – C’était notre première expérience de studio. On l’a enregistré au Cégep. On a utilisé les talents de Donald (rires).
DONALD – Grâces à nos cours d’enregistrement, on a pu découvrir ça. Moi j’ai découvert que j’aimais bien enregistrer et faire du mix, le reste du band pas vraiment…
LAURA – À moitié… (rires)
PASCAL – J’aimais bien être enregistré, mais pas toucher à la console!
DONALD – Mais on a pu vraiment faire ça à notre rythme et quand on voyait qu’un de nous était à bout, on arrêtait.
LAURA – Tu apprends à trouver ton rythme de travail et puisque c’était notre première expérience, ça a pris plus de temps.
DONALD – On faisait ça à temps perdu durant notre session, donc on l’a étalé sur environ trois mois. Pour le mix, ça s’est échelonné sur près de deux mois. Ça demande beaucoup de temps et de patience; je mixais presque tous les jours et je demandais souvent à mon entourage de donner leur avis.

C’est assez important d’avoir quelque chose d’unique pour se démarquer dans le domaine artistique. Qu’est-ce que Volmer a d’unique d’après-vous?
DONALD – La voix de Laura!
PASCAL – C’est vrai, la voix de Laura. Je n’ai jamais entendu une voix avec cet espèce de feutre autour.
LAURA – Elle est déjà mixée! (rires)
DONALD – Mais ce n’est pas pour rien que la première fois que j’ai entendu Laura, je lui ai dit : « Tu veux former un groupe? Je suis ton bassiste! »
LAURA – L’univers qu’on crée tous les trois, ensemble, a une vibe qui est unique. C’est ce qu’on partage les trois ensemble et avec notre public.
DONALD – Il y a aussi le fait que quand on est ensemble, ce n’est pas juste pour jouer de la musique.
LAURA – À la base, il y a quelque chose de vrai, on est des amis et on s’amuse!

Et qu’est-ce que ça demande comme travail ensemble et comme pratique personnelle ?
LAURA – On travaille constamment sur le projet. Comme pratique, on essaie de mettre 5 heures par semaine et plus si possible, pour monter de nouvelles pièces.
DONALD – Et en plus des heures de pratique personnelle, qui nous permettent d’évoluer en tant que musiciens, ça ne se compte plus !
LAURA – Par rapport au développement de nouvelles idées aussi, ça ne se compte plus ! C’est continu. Personnellement, ça me tourne toujours dans la tête !
DONALD – C’est un investissement de 24 heures sur 24, je rêve à Volmer !
LAURA – Ça demande beaucoup mais c’est motivant. On ne le remarque pas vraiment, on aime ça donc ce n’est pas forçant.

 

« […] [L]e style est venu très naturellement. Je suis arrivée avec les premières chansons que j’avais et il y avait déjà quelque chose selon moi qui s’y dégageait et avec l’expérience, le bagage des deux gars, ça a formé le style par lui-même. »

– LAURA BABIN

 

Qu’est-ce qui s’en vient pour vous dans un futur proche, dans les mois à venir ?

LAURA – On essaie de composer des chansons pour réussir à avoir du matériel pour enregistrer un album. On a fait un démo de quatre chansons, mais c’est un projet futur d’avoir un album. Sûrement l’année prochaine !
DONALD – Faut faire la pré-production, aller en studio, faire des demandes de subventions, faut trouver avec qui on veut travailler, trouver un réalisateur, trouver un soundman, faire la promotion, trouver quelqu’un pour la pochette, donc tout ça se passe en beaucoup de temps. Il faut des subventions, on n’est pas millionnaires ! On pourrait demander à Bill Gates de jouer du triangle dans notre band ! (rires) Et l’idée c’est pas de dire : « On a 12 pièces, on fait un album », c’est de dire « On a 20 pièces, on en choisit 12 et on fait un album, » pour que l’album ait une direction.

Et dans un futur plus éloigné, disons dans 10 ans, où vous voyez-vous?
LAURA – Gagner notre vie avec Volmer.
En français ?
LAURA – En français.
DONALD – Et en plus du Québec et de quelques provinces canadiennes où il y a un marché francophone, il y a le marché de la France, de l’Europe francophone qui est super tentant. Chaque chose en son temps, mais c’est certain qu’on va s’essayer, en temps et lieu, dans ce marché-là.
LAURA – On a vraiment beaucoup de rêves, puis je pense qu’il y en a beaucoup qui sont accessibles et on va tout faire pour les réaliser. Je pense que c’est ça qui bouille à l’intérieur de nous, qui nous fait avancer tous les jours.
PASCAL – Juste à en parler comme ça, je me dis « ça serait tellement hot ! ».

Est-ce que vous vous voyez dans 20 ans encore ensemble à faire des tournées et à évoluer?
PASCAL – Absolument! Peut importe les projet qu’on peut avoir, ça serait l’idéal que Volmer reste là, c’est l’espèce de gros morceau pour nous trois.

Pour plus d’informations sur Volmer, visitez leur Myspace ou leur page Facebook, ou passez voir Donald à l’audiovisuel ! Ils seront en spectacle le 28 avril au pub Saint-Ciboire.

Extrait de l’entrevue:

Article et entrevue: Laura Pelletier

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