Le Médium Saignant

octobre 9, 2011

The Pacific, un coup de poing au visage

Filed under: Arts & culture,Cinéma et télévision,Octobre 2011 — lemediumsaignant @ 6:51
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Pour tout vous dire, après avoir visionné en moins d’une semaine la série The Pacific et tous ses suppléments, je n’ai pas dormi pendant plusieurs nuits. C’était l’équivalent d’un coup de poing. Lorsque je dormais, je rêvais que j’étais un marine américain sur les îles japonaises.Produite par Steven Spielberg et Tom Hanks, la mini-série The Pacific débute après l’attaque de Pearl Harbor et suit de près les batailles du Corps des Marines des États-Unis lors de la Deuxième Guerre mondiale. On passe à travers plusieurs batailles dont celles de Guadalcanal, Cap Gloucester, Peleliu, Iwo Jima et Okinawa. On n’entre pas dans les amourettes ridicules ni dans le drame larmoyant. On suit des hommes qui ont réellement existé tels que John Basilone, Robert Leckie et Eugène Sledge avant, pendant et après la guerre. On constate tous les effets psychologiques que celle-ci a eu sur eux. Ils ont vécu l’enfer, endurés les pires conditions météorologiques sans oublier la désillusion que la guerre a été pour eux. Ils réalisent que tuer des « Japs » pour des bouts de terre, ce n’est pas si évident.

« La détresse des hommes est palpable, leur folie passagère évidente et le retour à la maison, démoralisant : la guerre les a défigurés. »

 

Avant chaque épisode, il y a une capsule historique qui résume la bataille en montrant des archives vidéo et on réalise que certaines scènes ont été filmées de la même manière, avec le même angle reproduisant les mêmes explosions. Ils ont fait d’étonnantes recherches et se sont basés sur les mémoires d’Eugène Sledge et de Robert Leckie pour reproduire les batailles comme elles se sont réellement passées. C’est une série réaliste. Les acteurs ont fait le camp d’entrainement de l’armée américaine pour bien intégrer la peau de leurs personnages. Je ne dis pas que c’est une série qui n’a pas d’erreurs et qui est parfaite, mais elle est touchante. La détresse des hommes est palpable, leur folie passagère évidente et le retour à la maison, démoralisant : la guerre les a défigurés. Mentalement, ils ne sont plus les mêmes. Ils sont revenus tourmentés, brisés et envahis par des images horribles de la guerre. Ils ont endurés la jungle, la pluie incessante, la pénurie d’eau, la chaleur et le manque de sommeil. Les bruits agressants de bombes les rendent fous et la guerre n’a rien à voir avec la rigueur des camps d’entraînement. Ils sont en face de vrais hommes qu’ils doivent tirer, tuer de la façon qu’ils veulent afin de récupérer un bout de terre. L’inquiétude de ne jamais se réveiller le lendemain matin les rongent constamment et les vies de leurs amis, devenus des supports indispensables à leur survie, sont sans cesse menacées.

 

« Les archives et les commentaires des vétérans démontrent l’authenticité de cette série qui s’est surtout penchée sur la psychologie de l’homme et non juste sur les coups de fusils. »

C’est aussi de se rendre compte que si un homme s’était retrouvé à dix centimètre plus à gauche, il n’aurait jamais reçu une balle dans la tête. C’est tout ce qu’il leur reste sur la conscience et toutes les morts qui n’ont jamais cessées. Des années de malheur, puis les images gravées dans leur mémoire à tout jamais, parce que non, ils n’ont jamais oubliés. Même rendus vieillards, ils se réveillent en panique au beau milieu de la nuit en pensant que c’est la guerre. La guerre de 1939-1945 n’a pas seulement durée six ans pour eux, ils l’ont vécus toute leur vie. Ces hommes ont existés, ont écrits leurs mémoires. Les archives, les commentaires des vétérans démontrent l’authenticité de cette série qui s’est surtout penchée sur la psychologie de l’homme et non juste sur les coups de fusils. Bien sûr, ça reste une série de dix heures, ce qui est bien court pour représenter autant d’années d’horreurs, mais les recherches effectuées montrent le sérieux et la volonté de rendre toutes ses images le plus près de la réalité possible. C’est une série à découvrir qui m’a personnellement marquée au fer. Je n’oublierai jamais toutes ces images.

Des mêmes producteurs : Band of Brothers

Photo prise par David James, HBO (hollywoodchicago.com)

 

Sophie Daviault

 

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