Le Médium Saignant

novembre 17, 2011

Le Travail qui nous attend à travers l’œil des artistes

Filed under: Arts & culture,Arts visuels,novembre 2011 — lemediumsaignant @ 6:08

Cette année, du 7 octobre au 3 janvier 2012, le Musée d’art contemporain de Montréal présente La Triennale québécoise 2011 sous le titre : Le travail qui nous attend. Cette deuxième édition de la Triennale rassemble les œuvres d’une cinquantaine de jeunes artistes majoritairement Montréalais. Le travail qui nous attend est avant tout une remise en question des principes de l’art, c’est-à-dire à tout ce qui a déjà été fait et à ce qu’il reste à faire, maintenant. C’est plutôt complexe de croquer l’exposition dans son ensemble et d’en faire un seul thème général, parce que c’est très diversifié. Les nombreux artistes qui exposent, exploitent plusieurs styles et soulèvent différentes questions. Les médiums ne sont point les mêmes, on retrouve plusieurs peintures, collages et installations vidéo. Il y en a pour tous et pour tous les goûts.

« L’exposition ne s’arrête pas seulement à une perception visuelle, elle est reliée à tous nos sens. »

Oubliez les principes ancrés dans l’art représentatif traditionnel, où des œuvres intouchables sont accrochées au mur et où on ne doit pas dépasser une limite au plancher. L’approche est bien différente. On demande votre participation et tous vos sens sont suscités. Vous pourrez marcher dans une œuvre, ouvrir des portes qui vous semblent interdites au premier coup d’œil, puis regarder une œuvre tout en écoutant des sons étranges qui vous atteignent au plus profond de vous-même. Certaines salles sont odorantes et vous serez confrontés à vos limites face à une œuvre. Votre attention devra être partout à la fois, une même œuvre contenant souvent plusieurs choses simultanément. On ne doit pas s’attendre à recevoir tout cru dans la bouche, il faut savourer, interpréter et se poser des questions. Les réponses sont peu nombreuses.

Les artistes remettent principalement en questions les principes de l’art. Évidemment, ce ne sont pas les premiers à le faire, ça fait une centaine d’année que toute cette remise en question est commencée. On se rappelle Marcel Duchamp avec le Ready-made et le cubisme de Picasso. Par contre, c’est toujours plus stimulant de redécouvrir ces remises en questions actuelles et de ne pas seulement y être confrontées par des livres et à travers des témoignages. Nous y sommes confrontés de face et nous participons aux œuvres. La salle d’exposition n’est pas traditionnelle : les murs sont recouverts de collages, certaines salles sont brisées par des écorchures et des morceaux de peinture sont manquants. Les œuvres se continuent même jusqu’au plancher que l’artiste a recouvert de peinture. Dans le cas de ses œuvres, nous marchons dessus, nous entrons à l’intérieur en étant incertain de notre droit. Il y a même des portes closes aux vitres teintées où l’on s’arrête, se demandant si la porte est une œuvre en elle-même ou si c’est une limite à traverser. Après la première, on comprend que les installations vidéo sont cachées derrière celles-ci…

Art par Andrée-Anne Mercier 

« Oubliez les principes ancrés dans l’art représentatif traditionnel, où des œuvres intouchables sont accrochées au mur et où on ne doit pas dépasser une limite au plancher. »

Concernant les installations vidéo, disons qu’elles sont troublantes. J’ai peu l’habitude de m’y attarder  parce que j’ai l’impression de rien comprendre, mais cette fois-ci, il s’y dévoilait des merveilles. Les installations vidéo sont projetées dans de petites salles rectangulaires aux murs épurés, rien à voir avec les projections au cinéma. Vous êtes collés sur le voisin, presque toujours debout et vous tentez de vous faire une place à travers l’œuvre et les autres spectateurs. On se retrouve dans un univers différent qui aborde nos perceptions face aux autres, puis les sensations de notre corps. On se sent inclus dans les œuvres, même percuté au point de ne plus savoir si on aime ça. C’est à la fois une rencontre avec soi et une rencontre avec l’art. On ne peut pas seulement regarder. L’exposition ne s’arrête pas seulement à une perception visuelle, elle est reliée à tous nos sens.

On ne peut pas ressortir de l’exposition sans avoir aimé quelque chose tellement les œuvres ne se ressemblent pas. Elles sont toutes reliées par des points d’interrogation importants dans la perception de l’art. C’est le moment de découvrir comment le spectateur a une influence sur l’œuvre et comment l’œuvre se reflète dans le spectateur.

La Triennale québécoise 2011 : Du 7 octobre au 3 janvier 2012

Gratuit les mercredi soirs de 17h à 21h

Étudiants : 8$

Article par Sophie Daviault

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