Le Médium Saignant

mars 8, 2012

Brassez-là!!

Filed under: Gastronomie & boissons — lemediumsaignant @ 12:36

Le brassage artisal de la bière

Par Guillaume Fraser

Me trouvant à court de bière et en même temps d’idées, je me suis dit que l’un allait avec l’autre et j’ai ainsi donc décidé de vous parler de l’une de mes multiples passions : le brassage artisanal de la bière! Souvent mal vu par les plus dédaigneux à cause de préjugés imbéciles, ce n’est toutefois pas quelque chose à prendre à la légère. Brasser sa bière, c’est comme élever un enfant, sauf que vous avez le contrôle total sur sa croissance : vous décidez de sa couleur, sa force, sa personnalité… Tous ses traits, qu’ils appartiennent à sa personnalité autant qu’à son apparence, sont les vôtres à décider.

Avant tout, c’est le moût. Pour ceux qui ont du temps et de l’argent à investir, sa composition est une expérience intéressante. Sinon, vous pouvez aller dans un cellier (magasin spécialisé dans la vente d’équipement de brassiculture artisanale) pour l’acheter déjà préparé, ses principales caractéristiques décidées pour vous. Malgré cela, il ne faut pas se laisser faire : vous ne voulez sûrement pas d’une bière ordinaire, car elle reflèterait à quel point vous êtes banals! Pour accompagner et enrichir le bagage de vos petits, les celliers vendent différents ingrédients qui peuvent faire toute la différence! Différentes variétés de houblons, de malts ou encore quelques ingrédients plus particuliers comme des essences de mangue ou encore du curaçao viendront donner à votre création la personnalité que vous voulez. Bien sûr, rien n’est parfait et vous avancerez à tâtons. L’expérience sera ce qui vous donnera vraiment les connaissances et la jugeote relative à la création d’un bon moût.

Brasser sa bière, c’est comme élever un enfant, sauf que vous avez le contrôle total sur sa croissance : vous décidez de sa couleur, sa force, sa personnalité…

La première étape véritable, c’est la fermentation. Il n’y a pas grand chose à dire de cette étape, sinon que la précision et une hygiène médicale sont nécessaires. Si cette condition n’est pas respectée, votre moût s’infectera à cause des microorganismes présents dans votre maison. Gardez votre bébé dans une pièce tempérée (entre 21°C et 23°C). Après trois ou quatre jours, le mélange aura fermenté plus ou moins puissamment, tout dépendant de sa densité, et votre enfant grandissant devra changer de milieu: c’est le transvidage et la décantation. Vous verrez au fond de votre cuve de fermentation un dépôt de quelques millimètres d’épaisseur qui s’appelle la lie : vous allez en ramasser longtemps puisque les levures, en mangeant le sucre, produisent de l’alcool et des déchets qui, vous l’aurez deviné, tombent dans le fond. Ces dépôts n’ont rien de méchant, sinon que s’il y en a trop dans votre bière, celle-ci sera brumeuse.

Après avoir éliminé avec fortes décantations le plus gros des dépôts, vous devrez embouteiller. La portion de cette étape, la moins intéressante et la plus importante, c’est le nettoyage et l’aseptisation : vous ne voulez pas mettre votre bébé dans une bouteille sale et non plus dans une bouteille mal rincée, pleine de résidus de chlore et de sulfites qui nuiraient, voir tueraient les levures de la bière et donneraient un breuvage plat avec un arrière goût malsain… Une panoplie de produits à usages spécifiques sont disponibles dans les celliers et les gens qui y travaillent ont mille fois le temps de vous expliquer comment s’en servir. La deuxième portion de l’embouteillage, c’est la réactivation de la bière. Prélevez une pinte de cette ambroisie en devenir et faites-la chauffer à feu doux avec 250g de sucre blanc, tout en mélangeant. La concoction finira par devenir homogène. À ce moment-là, videz ce sirop dans le reste de votre bière et mélangez vivement. C’est là que le plaisir commence! Toutes vos bouteilles aseptisées et votre bébé réanimé, vous ferez passer par un petit tube stérile chaque millilitre de la cuve à la bouteille et l’encapsulerez une fois remplie raisonnablement, car une bouteille trop pleine explosera à cause de la pression et une bouteille trop vide ne sera pas pétillante. Pour aider un peu votre jugeote, achetez-vous une bière au dépanneur et fiez-vous à elle pour le niveau de remplissage nécessaire.

Félicitation! Si vous n’avez pas foiré à quelques étapes, vous aurez, après un mois d’attente, des bières faites par vous, à boire par tous vos amis. Cela conclu mon petit cours sur la brassiculture. Il est fort probable qu’il comporte quelques lacunes, mais les bons conseils d’un maître cellier auront vite faits de vous éclairer. La bonne chose à garder en tête, c’est toujours le plaisir de consommer quelque chose que l’on a fait par soi-même!!

Art par Rihab Essayh

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