Le Médium Saignant

mars 22, 2013

Ode au Cégep

Filed under: Actualité Marie-Vic — lemediumsaignant @ 3:49

Par Orise Jacques-Durocher

Train-train quotidien,  je me réveille au son de la douce voix de René Homier-Roy, sortant  de mon petit cadran-radio qui griche, sur le bord de ma fenêtre, Montréal-Nord, fenêtre avec vue sur Marie-Vic’. Émission d’information de la première chaîne, la trame sonore de mes matins, trop tôt levée, où j’intègre à moitié les nouvelles de la journée. Cependant,  ce matin-là, il y en a une qui chamboule ma petite routine de cégépienne candidement informée. 

L’aspirant chef du Parti libéral du Québec, Pierre Moreau, remet en question la pertinence du cégep au Québec.   

De là,  j’imagine amèrement une jeunesse sans cégep, le Québec sans cégep, cherchant vainement à comprendre les dires de M. Moreau. En sachant du moins que les études collégiales, notamment les programmes techniques enseignés au cégep, sont des outils économiques de choix pour le Québec. En considérant aussi que les nombreux instituts collégiaux constituent une façon de rendre l’éducation accessible aux jeunes de nombreuses régions québécoises. Puis, en reconnaissant, notamment grâce à mon expérience personnelle, que le cégep est sans aucun doute le meilleur endroit pour mûrir et pour apprendre la vie. Voilà que je cherche toujours à comprendre, attachée tendrement à «mon» cégep. C’est ainsi que j’eus de grandes réflexions, entre le café, la douche, et mon cours de huit heures dix.  

Bien sûr, il faut considérer le taux de réussite, le taux de diplomation, l’effet sur l’économie québécoise. En n’oubliant pas de nous compter, nous, les jeunes adultes bien souvent en quête d’identité, en quête de savoir.  Que ferait-t-on sans le cégep ?  Puisque, quoi qu’on en dise, les études postsecondaires sont un véritable point tournant dans la vie de tous les jeunes qui y passent.  

Tout d’abord, c’est environ en secondaire cinq que commencent les «vraies études». Ayant appris à reculons depuis quelques années, blasés face à l’éducation et ne sachant pas trop ce qu’on est vraiment encore, suite à ce qu’on nous ait imposé ce que l’on devrait être, à ce qu’on devrait penser, on doit maintenant choisir notre champs d’étude.  De là, enfin laissé à nous-mêmes, on détermine ce qui nous convient. Enfin, le domaine d’étude qui nous semble le moins plate pour l’instant. Allez-hop, on se lance les yeux fermés dans une vie qui semble être celle qu’on désire vivre. Voilà qu’au Cégep, on y réfléchit. Assurément, c’est au Cégep qu’on découvre réellement qui on est et qu’on  bâtit enfin  notre propre chemin. On se trace une piste, où la connaissance, celle qu’on a choisie, nous permettra de nous épanouir. C’est le temps où l’on décide ce qui nous intéresse vraiment, dans quoi on veut s’impliquer. Bien sûr, nombreux changeront de programmes pour trouver leur voie, mais c’est de cette façon qu’un grand nombre d’étudiants finiront par en ressortir bel et bien diplômés, mais surtout, au-delà du vulgaire bout de papier, ils auront la pensée imprégnée de notions et d’expériences qui leur tiennent à cœur et dont ils se serviront fièrement.  

Le Cégep, c’est le début de la vraie vie. C’est le moment où l’on devient pleinement responsable, où on apprend de nos erreurs. On y plonge tête première, mais en ayant encore le temps d’y réfléchir. Réfléchir, réfléchir pour de vrai. Notamment grâce au cours de philosophie, dont je revendique aussi la pertinence, mais aussi dans l’entièreté du parcours collégial. C’est au Cégep qu’on apprendra à parler, à discuter intelligemment, à se forger un avis, pour enfin pouvoir s’exprimer  non pas dans un français guindé ou bien dans un parler qui ne veut rien dire, mais qui nous permettra plutôt de s’exprimer en ayant les bons mots, pour dire ce que l’on pense, de façon intègre, réfléchie et authentique. Bref, en sortant du cégep, qu’on aille à l’université ou pas, on saura revendiquer, manifester ce que l’on pense, de façon à ne plus se laisser dire comment faire, puisque la façon de faire sera maintenant la nôtre. 

Quoi qu’il en soit, au cégep, on apprend non seulement à réfléchir, à penser par nous-mêmes, mais on apprend également bien d’autres choses qui marquent notre vie au fer rouge, d’expériences enrichissantes, qui nous auront enfin permis de devenir quelqu’un qui nous ressemble. Et qui sait, de continuer à s’affirmer, bien sûr à l’université, et certainement plus loin encore. 

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